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mardi 4 juillet 2017

Fermeture d'A little market : comment réagir ?


Alittlemarket, place de marché française réservée aux créateurs du fait-main, a brutalement annoncé hier sa fermeture définitive. Une nouvelle choc pour les dizaines de milliers de vendeurs présents sur le site, qui s'interrogent sur leur avenir. L'occasion pour nous de revenir sur les avantages et inconvénients de ces plateformes de vente de fait-main et de vous donner quelques pistes pour rebondir.


Fermeture définitive des sites d'ALM (Alittlemarket et Alittlemercerie) d'ici à fin septembre: la nouvelle s'est rapidement propagée parmi les créateurs français, hier. Tristesse, inquiétude, colère: les réactions des utilisateurs ne se sont pas faites attendre et on comprend leur amertume quand on imagine les conséquences de cette fermeture pour les créatrices et créateurs dont les ventes online reposaient, parfois exclusivement, sur les outils de mise en ligne et de paiement de la plateforme.






Faut-il transférer sa boutique ALM sur Etsy?

Il y a trois ans, le leader français du fait-main a été racheté par le géant américain Etsy et, déjà à l'époque, les vendeurs de cette plateforme n'étaient pas tous convaincus du bienfondé de cette manoeuvre financière. Pourquoi continuer à garder deux entités distinctes quand on connaissait les objectifs de cette opération, conquérir le marché français répondant à un fonctionnement particulier qu'Alittlemarket avait su capter (lire cet article sur le Journal du Net)?

Les dirigeants d'ALM rétorquaient alors que les deux plateformes étaient suffisamment complémentaires pour cohabiter. Mais voilà, aux Etats-Unis, Etsy, entrée en bourse en avril 2015, a commencé à réduire ses effectifs fin 2016 et continue de tailler dans la masse salariale depuis...   Cet article aurait pu nous mettre la puce à l'oreille courant juin : "Etsy announces a second round of job cuts in little more than a month".

Même si votre anglais est approximatif, vous retiendrez cependant un mot : profits. Etsy doit désormais répondre aux exigences d'actionnaires et faire face à la concurrence d'Amazon, d'Ebay ou encore de Facebook et Instagram. Et les valeurs qui l'animaient au début - dont l'authenticité - se sont peut-être un peu perdues en route...  A vouloir toujours plus, à accepter les vendeurs non-déclarés, à autoriser le made in China, le risque est qu'Etsy connaisse, dans quelques années, le même sort qu'ALM.

La réalité c'est que ces plateformes au trafic important sont devenues des moteurs de recherche spécialisés. Devant l'engouement que le "handmade" et le "buy local" suscitent, les intervenants y sont de plus en plus nombreux et la visibilité pour chacun s'appauvrit à chaque nouvel entrant. Alors imaginez quand les dizaines de milliers de membres basculeront d'ALM vers Etsy...


Une opportunité: celle de prendre votre indépendance digitale

Quand ressortir dans les recherches Google pour un "petit créateur" était quasi impossible, Alittlemarket promettait visibilité et mise en avant pour les acteurs indépendants et isolés du marché. Avec sa disparition, le tableau paraît bien noir et pourtant cette actualité est une vraie opportunité. L'opportunité de prendre votre indépendance digitale. Quand vous vous posiez la question "Etsy ou ALM ?", vous voici désormais face à un autre choix : Etsy ou mon propre site?

Il faut bien le dire: Etsy, comme les autres places de marché ont des avantages: elles sont super pratiques quand on veut déléguer la fonction "vente" (et non la fonction commerciale, ne pas confondre les deux) de son business créatif. Être présent sur une plateforme évite d'avoir à investir dans sa propre boutique en ligne, de choisir un dispositif de paiement à distance. On est également guidé dans la rédaction de ses fiches produit. Et l'on bénéficie de l'audience et de la notoriété du site.

La véritable réflexion à avoir ne concerne pas tant le lieu de vente de vos créations que votre identité de créateur. Car que ce soit sur les moteurs de recherche ou sur les places de marchés (Etsy mais aussi Amazon Handmade - voir cet article du monde dont le titre est révélateur), le plus dur reste de sortir du lot. Pour cela, la solution que nous préconisons est "simple": créer et développer sa marque propre.


Créer sa marque et son identité

Pour ne pas être un vendeur parmi les autres, des petites mains dans l'ombre, pour éviter qu'à la question : "Oh il est chouette ton collier, tu l'as acheté où ?", la réponse soit le nom d'une marketplace et non le vôtre, il est important de vous pencher dès maintenant sur la création de votre marque et de son identité.

Notre nouveau livre, "Créer sa marque pour small business" (sorti le jour où Etsy annonçait de nouvelles réductions d'effectifs) développe justement ce point : celui de la différenciation quand les entrepreneuses créatives sont de plus en plus nombreuses à se lancer. Oubliez le lieu de vente en ligne, il n'est au final que votre tiroir caisse : que vous vendiez sur votre propre site ou sur un marketplace, il vous faudra de toute façon miser sur votre identité de marque, votre ADN, vos valeurs, votre histoire... tout ce qui fait que vous êtes vous et que vous valez la peine d'être connu.


extrait du mail envoyé le 03 juillet 2017 aux membres vendeurs 

21 commentaires:

  1. Une réflexion intéressante. J'ai quitté etsy il y a quelques mois, pour mon propre site (folkeshi.com). Un pari question fréquentation (ma boutique ressortait bien sur le moteur de recherche d'etsy), mais la satisfaction d'être propriétaire de tout ! Quelles que soient les futures décisions d'etsy, elles n'impacteront plus mon business

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    1. Merci Laetitia pour votre lecture et votre com', qui ne pourra qu'être encourageant pour celles qui s'apprêtent à faire le même pari que vous!

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  2. Comme Laetitia, j'ai choisi de développer ma propre boutique en ligne via mon site (vivifromage.com) il y a quelques années, parce que j'avais la sensation de me noyer dans la masse de créateurs (et pire, revendeurs) disponibles sur Etsy et que les frais d'insertion me gênaient (bien différents d'une simple commission prélevée sur chaque vente)
    C'est dur d'être visible avec son propre site, mais vraiment gratifiant.

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    1. Merci Vivi de nous avoir laissé ce petit mot encourageant!

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  3. J'ai fait les mêmes choix que Laetitia et Vivi (lesateliersdangelique.com) ... Je n'ai jamais vraiment été sûre de mon choix car trouver des clients avec son propre site n'est pas une mince affaire... Au moins voilà un doute de levé, Etsy ne m'aurait pas plus permis d'en trouver tellement l'offre est immense, j'aurais été noyée avec mes quelques articles en boutique...

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    1. Merci pour votre témoignage :) Oui cela demande davantage de travail d'avoir son propre espace en ligne, mais ne pas être dépendant des choix stratégiques faits par d'autres n'a pas de prix!

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  4. Bonjour! Je suis très triste pour ALM car j'avais pour projet de démarrer ma petite boutique après les vacances :( Est-ce que vous pouvez me dire combien en moyenne coute de créer son site internet et quelles sont les charges par mois? Vous avez peut-être des professionnels/des entreprises qui s'occupe de ca a recommander? Merci!

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    1. Bonjour Nora, il existe de multiples formules à des prix très divers, selon que vous partez d'une plateforme de type bigcartel, d'un site sur Wix ou que vous faites appel à un développeur pour vous mettre en place un site via un logiciel de type wordpress ou prestashop... Vous pouvez trouver des noms de prestataires sur notre carnet d'adresses des entrepreneuses créatives: http://www.entrepreneusescreatives.com/carnet-dadresses/

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  5. Effectivement ce fut une annonce choc!!!
    Mais c'est sûrement une bonne opportunité pour plusieurs de sauter le pas et de créer sa boutique en ligne, à son image. Pour ma part cela fait 4 mois que j'ai lancer la mienne (www.re-creationcouture.com ) et même si pour le moment ce n'est pas simple, je travail dur pour y arriver, l'indépendance n'à pas de prix. Alors je nous souhaite une belle réussite et un bon business ��

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    1. Nous aussi vous souhaitons que vos efforts paient et une belle réussite!! :)

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  6. Pour ma part je préfère être sur la plupart des plateformes puisque leurs clientèles sont bien différentes.

    Couplé à mon site et mon infolettre, ça semble bien fonctionner pour moi en tant que patroniste.

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    1. Effectivement, cela peut être une bonne stratégie d'être présent sur plusieurs plateformes, mais sans leur déléguer toute sa communication et pour cela le site de marque et l'infolettre sont des outils incontournables !

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  7. Hé oui, c'est le choc, et même la douche froide!!!
    Monter son propre site est essentiel à mon avis. Exister sur les moteurs de recherche est un gros travail, c'est long, mais c'est un investissement pour assurer la pérénité de nos petites entreprises. C'est un moyen de mettre en avant notre identité, de "mettre en scène" nos créations dans un cadre choisi. C'est le catalogue qui servira de référence à vos clients.
    Exister sur ALM n'était pas une mince affaire, sur ETSY, c'est pire! Je pense que ça reste des plateformes interessantes pour se faire connaître.
    Je travail plutôt côté mercerie ( http://perlesatoutva.fr ), là aussi il y a beaucoup de questions à se poser...encore une montagne à gravir...les petits centimes de la mise en ligne d'ETSY pèsent lourd dans ce domaine...On verra comment se passe la migration ;)
    On n'est pas à l'abri d'une bonne surprise !!!
    Bon été .

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    1. Bonjour Ségolène, oui j'imagine que pour toi c'est particulièrement rude. Le travail effectué sur le référencement de ton site est un bon investissement... et restons optimistes pour la suite en effet :) Bon été à toi aussi!

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  8. Bonsoir,
    merci pour cet article qui apporte des compléments d'information. Depuis hier je vois une marée de désolation à la fermeture d'ALM.
    Je comprends ces réactions, mais n'est ce pas l'occasion de rebondir? j'ai eu une boutique sur ALM quand je me suis lancée il y a quelques années, j'y suis restée quelques mois ou un an.
    J'ai tout fermé, n'en pouvant plus d'être noyée parmi tant de créateurs dont certains donnaient une image très moyenne d'ALM, Attention je ne mets pas tout le monde dans le même panier à linge sale. Mais les jolies choses disparaissaient derrière beaucoup de médiocrité.
    Je me suis lancée, j'ai ouvert une boutique sur mon site, j'y ai beaucoup travaillé, j'ai appris et je suis heureuse de cette indépendance.
    Une porte se ferme un autre s'ouvre, toujours!

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    1. Merci pour ce témoignage plein d'espoir qui encouragera celles qui sont durement impactées par cette fermeture...

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  9. Bonjour, je vois qu'on est beaucoup dans le même cas, comme Laetitia, je viens de démarrer mon site internet avec CmonSite.fr car ils ont un service qui nous aide à mettre en place et en plus ils sont français ! Par contre, je continue à vendre aussi sur ebay et priceminister le temps de me faire connaitre. Dans mes colis, je met aussi une pub vers mon site en mettant un code promo. Bon courage à tous !

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    1. Merci pour l'info sur la plateforme, et très bonne idée, lorsque l'on vend via les plateformes de mettre une pub pour son site (et pourquoi pas même une petite réduction pour une prochaine commande faite via le site?)!

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  10. Bonsoir, ce que vous suggérez dans votre dernier post était (et est toujours...) absolument interdit dans les conditions d'utilisation d'ALM qui fermait les boutiques donnant un lien vers leur propre site. Même envoyer un flyer ou carte avec une commande, niet, on était considéré comme leur volant leurs clients (enfin, ça n'empêchait personne de le faire dans les envois, je pense). Et les fondateurs ont vendu NOS clients à Etsy. Oui, il vaut mieux ne copter que sur soi-même !

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  11. Cette fermeture ne m'impacte pas car j'avais quitté il y a plusieurs années ALMe/ALM pour Etsy, vendant des objets anciens comme de la mercerie, c'était plus pratique et j'ai toujours adheré à Etsy(et auparavant, en création de bijoux et accessoires, j'ai eu les deux un temps), je comptais même ouvrir une seconde boutique Etsy (fait-main et seconde main dans le domaine witchy) et y acoller Pattern dès septembre/octobre puisque mes activités deviennent une réelle partie de mon métier maintenant :)
    Cependant, ce que je viens de lire sur Etsy ces derniers jours ne me rassure guère, d'autant plus qu'ils perdent les valeurs que j'ai toujour aimé chez eux.
    Et quid d'un site lié qui, s'il est facile de construction, pourrait se stopper du jour au lendemain? Ces nouvelles m'attristent vraiment, je suis Etsy depuis ses débuts :(
    Par ailleurs, j'ai un temps une boutique sur Tictail pour tester mais le souci de visibilité s'était vraiment fait ressentir, d'autant que ma clientèle n'est, pour la plupart, pas française. Bref, c'est un nouveau casse-tête qui s'annonce pour moi pour les vacances!

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  12. Bonjour !

    Article très intéressant. Je pense aussi qu'il vaut mieux avoir son propre site, pour la construction de son identité, de son image... et pour échapper à tout revirement de situation.

    Mais je pense également qu'il ne faut pas mettre tout dans le même panier. C'est-à-dire, diversifier ses "lieux" de vente. Pour ma part, j'ai créé mon propre blog depuis le début de mon activité. Puis, après avoir suivi un "Summer Camp" avec vous en 2013, j'ai créé mon site. Le référencement est difficile au début, il faut s'accrocher et être présente sur les réseaux sociaux pour communiquer.

    Grâce à Etsy résolution 2016, je me suis finalement décidée à m'inscrire sur etsy. Je trouvais cette plate-forme plus professionnelle qu'ALM. Et j'en suis contente car ça n'a pas affaibli le référencement de mon propre site, j'y ai même beaucoup appris en terme de mots clés, de photos.... Si ça se dégrade, tant pis, je n'aurai pas de regrets.

    Je suis également sur le site de Pitimana. Je pense que c'est une bon site de vente. Et je pense être intégrée dans d'autres e-boutiques de créateurs qui sont en train de recruter. C'est une bonne solution, l'union fait la force.

    La conclusion est qu'il ne faut pas baisser les bras, tout reste possible ! Si on est entrepreneuse, ce n'est pas pour rien, on a l'habitude ;) :)

    Courage à toutes !

    Laurence - Arkidée & Le P'tit Bulletin des Créatives (sur facebook)

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